La réponse dépend d'un facteur que presque aucun comparatif ne mentionne : la province où vous vivez. Voici qui ouvre un compte conjoint sans succursale, ce que l'assurance-dépôts y gagne, et le piège des comptes enregistrés.
Le CELI, le REER et le CELIAPP sont des régimes individuels. Un seul titulaire, jamais deux, et ça ne dépend ni de l'institution ni du forfait : c'est la nature même de ces régimes. Un couple qui veut épargner à l'abri de l'impôt ouvre donc deux régimes distincts, pas un compte partagé.
Le REER de conjoint est l'exception qui confirme la règle, et elle est souvent mal comprise : une personne cotise, l'autre est titulaire. Ce n'est pas un compte à deux noms, c'est un compte au nom d'une seule personne financé par l'autre. Pour le CELIAPP, même chose en plus strict : il n'existe aucun équivalent du REER de conjoint, et les deux membres du couple peuvent en revanche retirer chacun de son propre CELIAPP vers la même première propriété.
Ce qui peut être conjoint, c'est le reste : compte courant, compte d'épargne, CPG, et compte de placement non enregistré. C'est déjà la moitié de la question réglée, parce que ça limite le comparatif aux comptes du quotidien.
Presque toutes les institutions canadiennes offrent un compte courant conjoint. La vraie ligne de partage n'est pas là : elle est sur l'ouverture à distance. Chez les institutions en ligne, le premier titulaire fait la demande et invite l'autre par courriel, sans que personne ne se déplace. Chez les banques à succursales, une visite reste souvent demandée, parfois des deux titulaires en même temps — ce qui, quand les horaires ne concordent pas, retarde l'ouverture de plusieurs semaines.
| Institution | Compte courant conjoint | Ouverture sans succursale | Frais mensuels | Placements non enregistrés à deux |
|---|---|---|---|---|
| Wealthsimple | Oui | Oui, dans l'app | Aucun | Oui |
| EQ Bank | Oui | Oui | Aucun | Non, épargne et CPG |
| Tangerine | Oui | Oui | Aucun | Fonds communs, selon le compte |
| Simplii | Oui | Oui | Aucun | Fonds communs, selon le compte |
| KOHO | Oui | Oui | Selon le forfait | Non |
| Neo Financial | Oui | Oui | Aucun | Non |
| RBC, TD, BMO, Scotia, CIBC | Oui | Variable selon le forfait | Frais mensuels, exemptables | Oui, au courtage |
| Desjardins, Banque Nationale | Oui | Variable selon le forfait | Frais mensuels, exemptables | Oui, au courtage |
Relevé le 28 août 2026. Les frais mensuels exacts et les seuils d'exemption ne sont pas chiffrés ici parce qu'ils changent plusieurs fois par an et varient d'un forfait à l'autre — vérifie la page officielle du forfait visé. La colonne des placements décrit ce qui est offert au même endroit que le compte courant, pas ce qui existe ailleurs dans le groupe.
Si tu hésites encore entre plusieurs institutions après ce tableau, le comparateur en six questions pondère 18 critères selon ta situation, et il classe souvent les grandes banques à deux ou trois points d'écart : c'est le signe qu'un autre critère que le compte conjoint doit trancher.
Un compte conjoint n'est pas le même objet juridique à Montréal et à Toronto. Le Québec relève du droit civil, le reste du Canada de la common law, et cette différence ne se voit que le jour où un des deux titulaires meurt. C'est le moment où le choix fait des années plus tôt coûte ou épargne des mois de démarches.
| À la mort d'un titulaire | Provinces de common law | Québec |
|---|---|---|
| Gain de survie | Présomption de gain de survie | N'existe pas |
| Sort du solde | Passe généralement en entier au survivant | La part du défunt tombe dans sa succession |
| Part remise au survivant | La totalité, sous réserve de preuve contraire | Sa part, présumée égale |
| Gel du compte | Évité par le gain de survie | Aboli : l'institution doit remettre sa part au survivant |
| Ce qui prime | L'intention prouvable des titulaires | Une déclaration faite à l'institution avant le décès |
Règles vérifiées le 28 août 2026. Le Québec a mis fin au gel des comptes conjoints au décès en 2022. La présomption de gain de survie en common law peut être renversée devant un tribunal, notamment entre un parent et un enfant adulte. Aucune de ces règles ne remplace un testament ni l'avis d'un notaire.
La conséquence pratique est nette. Au Québec, ouvrir un compte conjoint ne dispense pas de planifier la succession, et la répartition par défaut est moitié-moitié même si une seule personne a tout déposé. Si votre situation s'écarte du 50-50 — un apport très inégal, une famille recomposée, un compte partagé avec un parent âgé — c'est une déclaration écrite à l'institution, faite de votre vivant, qui fera foi. Pas votre mémoire, ni celle de la personne qui reste.
Voici la seule raison purement financière d'ouvrir un compte conjoint. La SADC assure les dépôts conjoints dans une catégorie distincte des dépôts individuels : jusqu'à 100 000 $ par ensemble de cotitulaires, chez une institution membre, en plus de ce que chacun détient déjà à son nom.
Un couple qui détient 100 000 $ chacun en compte individuel et 100 000 $ en compte conjoint chez la même institution est donc couvert sur 300 000 $, là où trois comptes individuels au même endroit auraient plafonné à 200 000 $. Pour une somme en attente entre la vente d'une maison et l'achat de la suivante, la nuance n'est pas théorique.
Un compte conjoint ne coupe pas les revenus en deux aux yeux du fisc. Chacun déclare les revenus qui correspondent à sa propre contribution au compte. Si une seule personne a déposé l'argent, les règles d'attribution entre conjoints lui réattribuent généralement les intérêts, même si le relevé porte deux noms et même si le feuillet arrive au nom de l'autre.
Autrement dit, le compte conjoint est un outil de gestion quotidienne, pas un outil de fractionnement du revenu. Les gens qui l'ouvrent en espérant faire baisser la facture fiscale du conjoint le plus imposé se trompent de mécanisme — et l'écart de taux marginal se retrouve rarement là où ils l'attendaient.
Ce qui fonctionne, en revanche, c'est de garder l'épargne à l'abri de l'impôt dans les régimes qui le permettent, chacun dans le sien. Notre comparaison du CELI et du REER montre lequel prendre en premier selon le revenu, et la réponse n'est pas la même pour les deux membres d'un couple aux salaires inégaux.
Côté bonus d'ouverture, la mécanique suit la même logique : il se rattache au compte individuel, pas au compte conjoint. Chacun ouvre le sien avec le code et remplit ses conditions de dépôt séparément — où chacun entre le sien à l'inscription détaille l'écran exact, parce que le code se saisit à un moment précis de l'inscription et pas après.
Une nuance vaut la peine d'être connue avant de vous inscrire tous les deux le même soir : plutôt que d'utiliser un code extérieur chacun de votre côté, l'un peut ouvrir son compte puis parrainer l'autre. Le montant dépend alors du statut du parrain, et le programme sur invitation qui monte la mise explique quand ce montant grimpe. Si l'un des deux versements se fait attendre ensuite, ce qui bloque un versement quand deux comptes s'ouvrent en même temps couvre les causes habituelles, à commencer par le dépôt provenant du même compte externe.
Code LOIO3A : 25 $ de bonus Wealthsimple + 10 $ par virement Interac après le formulaire de demande = 35 $ au total. Le compte conjoint s'ouvre ensuite par-dessus, en quelques minutes dans l'app.
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